Dragage en Rance
et gestion des sédiments

Cadre de vie | Du 12 octobre jusqu'au 18 décembre

amenagement lagunes saint jouan

L’État a confié à l’EPTB Rance Frémur la maîtrise d’ouvrage du plan de gestion expérimental des sédiments de l’estuaire de la Rance.

Initialement programmées en février/mars 2020, les opérations d'aménagement des lagunes et de dragage en Rance reprendront selon le calendrier suivant :

- Du 12 au 30 octobre, les lagunes dédiées au stockage provisoire des sédiments seront aménagées ;
- Du 2 novembre au 18 décembre : dragage mécanique en estuaire de Rance (aux abords des cales de Saint-Jouan et de Saint-Suliac) et remplissage en parallèle du site de transit.

L' opération de dragage vise à améliorer les accès aux cales des communes de Saint-Jouan-des-Guérets et de Saint-Suliac (extraction globale d’environ 5000 m3).

Les sédiments extraits seront temporairement stockés dans d’anciennes lagunes de station d’épuration situées à Saint-Jouan-des-Guérets, aménagées à cette occasion en site de transit de sédiments.

L’opération d’extraction et l’aménagement des lagunes ont été autorisés le 28 janvier 2020, au titre de la Loi sur l’eau. L’ensemble de l’opération est intégralement financée par l’État, la Région Bretagne, Dinan Agglo, la Communauté de Communes de la Côte d’Émeraude, Saint-Malo Agglomération et ERDF.


QU’EST-CE QU’UN SITE DE TRANSIT DE SÉDIMENTS ?

Un site de transit permet de stocker, sur une durée strictement limitée à 3 ans, les sédiments marins dragués avant qu’ils ne soient orientés vers une filière de valorisation.

Ce site facilite :

  • L’élimination progressive du sel présent dans les sédiments par lessivage par les eaux de pluie. Ces eaux, légèrement salées, sont ensuite rejetées dans l’estuaire de la Rance via une canalisation.
  • La déshydratation des sédiments en drainant les eaux accumulées dans les lagunes, via la canalisation et par évaporation en période sèche pour faciliter leur manipulation.

Les sédiments extraits étant considérés comme des déchets par la réglementation, ils doivent être stockés dans des sites aménagés pour qu’ils n’entrent pas en contact avec le milieu naturel. Les bassins doivent être imperméabilisés et équipés de canalisations pour collecter et rejeter les eaux issues du lessivage dans l’estuaire. Ces eaux sont régulièrement analysées afin de s’assurer de leur qualité avant rejet.

La création d’un site de grande capacité comme l’ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement) de la Hisse nécessite plusieurs années de procédures avant qu’il ne puisse être mis en service (acquisition du foncier, études d’impact, dossiers d’autorisation, enquête publique…).

 

AMÉNAGEMENTS DES LAGUNES DE SAINT-JOUAN-DES-GUÉRETS EN SITE DE TRANSIT

L’aménagement des lagunes est un projet expérimental qui présente l’intérêt d’exploiter des bassins artificiels préexistants, dont le fonctionnement est proche de celui d’un site de transit. Des travaux d’aménagement sont malgré tout nécessaires, pour optimiser le volume de stockage et s’assurer de l’étanchéité des lagunes :

  • pose d’un géotextile sur les flancs
  • contrôle et renforcement si besoin de la couche imperméabilisante présente au fond
  • remise en service des buses existantes des lagunes
  • pose d’une canalisation temporaire entre le site et l’estuaire de la Rance.


Ces travaux sont programmés du 12 au 30 octobre.

Dès le 2 novembre, ils seront suivis par l’extraction des sédiments au droit des cales de Saint-Jouan-des-Guérets et de Saint-Suliac, dont la fin est prévue au 18 décembre 2020.

Les sédiments, extraits par pelle mécanique sur barge, seront acheminés par des caissons flottants à la cale de la Richardais, près du barrage de la Rance. C’est la seule cale en capacité d’accueillir des engins lourds. De là, des camions à benne étanche les ramèneront aux lagunes de Saint Jouan en évitant les zones d’habitats. Aucun transport ne se fera depuis la plage du Vallion.

 

MESURES DE PRÉSERVATION DES AMPHIBIENS

Un expert écologue a été sollicité par l’EPTB pour effectuer un inventaire des amphibiens dans les lagunes, de février à mai 2020, et faire des préconisations pour leur préservation. Au cours des visites faites à différents moments de la journée, le suivi a mis en avant les observations suivantes :

Selon l’écologue, sur des lagunes de taille équivalente, la population de grenouilles vertes et rieuses peut atteindre plus de 200 individus par lagune, soit 4 fois plus que sur les 4 lagunes réunies. Les écoutes des chants ont également montré que de nombreuses grenouilles sont présentes dans le bassin actif de la station d’épuration (hors périmètre des travaux).


Sur la base de cet inventaire, l’expert a fait des préconisations pour préserver les amphibiens pendant et après les travaux.

  • Une barrière à amphibiens sera ainsi placée fin décembre 2020, avant la période de reproduction, autour des 3 lagunes de stockage ;
  • La quatrième lagune située à proximité immédiate du ruisseau et dans laquelle ont notamment été observés les tritons sera préservée pour accueillir les amphibiens, en complément de la zone humide présente en contre-bas de cette mare et du bassin actif de la station d’épuration située en amont.

L’écologue poursuivra son accompagnement durant toute l’opération.

 

QUEL DEVENIR POUR LES SÉDIMENTS STOCKÉS DANS LE SITE DE TRANSIT ?

Les sédiments dragués au niveau des cales sont composés à 30 % de sables et 70 % de vases. Selon les seuils limites fixés par la Loi sur l’eau cadrant les travaux, les sédiments dragués ne sont pas dangereux pour l’environnement (absence de contaminants).

De ce fait, plusieurs pistes de valorisation sont envisageables : épandage agricole, création de merlon, de pistes cyclables…


Outre ces pistes, les sédiments seront mis à disposition des industriels pour leur permettre d’investiguer de nouvelles filières de valorisation. Pour désenvaser les zones où une extraction est inévitable, une valorisation industrielle permettrait d’extraire plus régulièrement des sédiments et en plus grande quantité qu’actuellement.

A terme, cela faciliterait la pérennisation des actions du plan de gestion des sédiments de l’estuaire de la Rance.